Le luxe du minimal – Vivre dans des logements plus compactes

Imaginer une vie avec moins de choses, de bazar, de stress, de dettes, moins de mécontentement et de distractions. Pourrions nous imaginer une vie avec plus de temps, plus de relations qui ont du sens, plus de plaisirs ?

Apprenons à vivre hors mode, en dehors des tendances qui automatiquement orientent notre choix et nos envies ?

Le grand architecte moderniste allemand Ludwig Mies Van Der Hohe avec sa phrase : «  Less is more »  défendait déjà dans les années 1930 l’idée que la simplicité des espaces est une qualité de l’architecture. L’esthétique du simple, du volume minimal, la disparition de toutes fioritures, moulures ou décor dont la présence n’apporte rien à l’usage, permet de supprimer le superflu et d’intensifier l’essentiel.

Cette approche nous permet d’interroger la société de consommation, et notre mode de vie  où nous entassons souvent plus et ne savons toujours pas recycler et réemployer nos objets et nos espaces. Une partie de notre existence est basé sur gagner plus pour consommer plus.  Le phénomène de la mode immédiate (Fast-fashion), a créé des saisons vestimentaires toutes les 2 semaines. Le Black Friday, ou Cyber-Monday sont érigés comme des temples de la consommation.

Sommes nous trop matérialistes ou réellement pas assez matérialistes ? Pouvons réellement nous soucier des objets et des espaces autour de nous, pour les aimer un peu plus pour en avoir un peu moins.

Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus dans leur livre  « Everything that  remains », défendent l’attitude des « minimalistes ». Ils expliquent comment vivre avec moins :  avec moins de stress, moins de dépenses, moins d’argent, moins d’objets…. pour vivre avec plus de qualité, plus de temps, et plus d’empathie envers sa famille et ses enfants.

Le projet 333, lancé par Courtney Garver pour nettoyer entièrement son dressing et ne conserver plus que 33 objets à porter pendant 3 mois a fait des émules. Elle a lancée un challenge de mode  minimaliste  ( 33 objets pour 3 mois incluant vêtements, accessoires, chaussures)

Le mouvement des Tiny House ( micro-maisons) est devenu pour certain un mode de vie , en résistance à la culture de consommation. Comment vivre dans 25m2 en famille, plutôt que dans une maison de 180m2 dont une partie de cette surface est rarement utilisée.

Notre expérience d’architectes et de designers montre que dans le futur, nous vivrons avec de moins en moins d’espace.

 

Le m2 le moins cher, c’est celui que l’on ne construit pas !

Notre travail d’architecte à Paris, à Boulogne-Billancourt, Puteaux, Neuilly, Vanves, Arcueil, nous a permis de travailler dans des sites de grande densité urbaine, où chaque mètre carré compte.

Beaucoup de nos clients souhaitent construire des maisons de 110 à 150M2 pour la simple raison d’avoir une maison identique à celles actuellement sur le marché. Je me souviens de ce couple dont le  projet de vie ne demandait pas plus de 80m2. Malgré leur écoute attentive à nos conseils, ils ont finalement conservé leur souhait de construire une maison d’une surface de 140m2. Trois mois plus tard, nous avons obtenu le permis de construire de la ville, mais la maison ne s’est jamais construite, car ils n’ont jamais eu le prêt pour payer les travaux !

Dans chaque projet, chaque m2 construit s’ajoute toujours au budget global du projet ( 1300 à 2000€/M2). Mais certaines surfaces, telles que les couloirs, les entrées, les paliers  ne sont pas des surfaces utiles ; ce sont des m2 construits à un coût identique mais qui ne sont pas utilisables. Le m2 le moins cher, c’est celui que l’on ne construit pas !

Une erreur souvent faite lors de son premier projet : construire sa maison pour la personne qui vous la rachètera, plutôt que de la construire simplement pour soi-même. Ceci est pourtant souvent plus économique et permet de construire des espaces sur-mesure que vous ne trouverez jamais dans une autre maison.

 

Rien n’est plus responsable que de vivre dans l’appartement le plus petit possible.

En tant qu’architectes, notre objectif est de créer des espaces de vie qui correspondent aux usages de nos clients et non aux standards du marché immobilier. Ces espaces sont basés sur l’idée qu’un lieu de vie est un lieu pour profiter d’un climat intérieur confortable en toute saison, mais surtout pour offrir des lieux pour se réunir, échanger et célébrer. C’est ce caractère social du logement qui en conditionne son ADN.

L’agence d’architecture de David Serero a une mission : Notre mission est de faire plus avec moins.  Comment dans quelques m2 proposer un lieu pour recevoir sa famille, une vie de couple, recevoir des amis à dormir, travailler à la maison. Des petits espaces ont beaucoup de sens pour ces usages. En adaptant son mode de vie à des espaces plus petits, nos projets sont plus compactes, moins chers, se construisent ainsi plus rapidement, avec des prêts bancaires plus courts.

 

Des logements multi-fonctions avec mobilier intégré

Aujourd’hui,  notre agence d’architectes à Paris créé des espaces avec du mobilier multi-fonction, avec des meubles pliables, rabattables, mobiles ou  modulaires permettant des usages différents d’un même espace au cours de la journée et de la semaine. Le logement avec une pièce par fonction est totalement révolu…

A l’instar des appartements de Tokyo, New York,  ou Hong Kong, les usages se démultiplient au sein d’un même espace. Mon ami architecte à Hong Kong transforme tous les matins son lit en table à dessin en le faisant pivoter de 180° sur un axe fixé au mur,  un de nos clients New Yorkais replie son lit sur le mur pour transformer sa chambre en mini loft de travail.

Le logement est maintenant plutôt conçu comme un mono-espace, un sorte de micro-loft ou les usages se lovent le long des murs, les meubles autour des fenêtres, des tables. Les murs deviennent épais et intègrent des espaces de rangement dissimulés et de rabattement du mobilier.

La maison traditionnelle japonaise fonctionne autour d’un espace central dont les meubles changent les usages pendant la journées ( tatami, table basse, coussins,….) Comme le mobilier à pivot de la maison de verre de Pierre Charreau, où les murs épais de certains châteaux écossais qui abritent des espaces de vie.

Le logement compacte ( compact housing) est une solution économique et écologique.

Un logement compact et associé à des espaces communs et des services partagés : le Co-living

Que faire de notre perceuse, de notre kitesurf, des vélos des enfants, nos valises, nos clubs de golf, de nos pinces à batterie ? N’est il pas temps de partager plus les objets que nous utilisons quelques heures chaque année?

Votre logement peut être transformable, comme par exemple avoir une chambre d’amis en plus pour des invités de passage, une salle pour le bricolage et le stockage, une salle de réunion ou réception,  une terrasse en toiture partageable, ou un barbecue commun ?

Ces entités sont à assembler au sein d’un logement en co-living, c’est-à-dire qu’à la partie privée de votre logement est associé une partie commune, partagée avec d’autres logements, des voisins ou des amis.

Ce n’est pas le logement que j’avais à New York en 1997 alors que j’étais étudiant à l’Université de Columbia, où nous partagions à plusieurs le salon, la cuisine et même la salle de bain. Cette  culture du partage prolonge habilement cette attitude du vivre avec moins et de partager plus.

Le logement du futur est ainsi  un logement avec des services associés qui permettent, d’adapter notre espace aux différents  moments de notre vie, d’avoir quelqu’un capable de garder un œil sur nos aînées et sur nos enfants , un lieu propre à stimuler des échanges avec nos voisins selon nos envies, à développer notre empathie avec les personnes autour de nous.