Menu
  • fr

Musée de la Bataille de Gravelotte

Site:

Gravelotte, France

Client:

Conseil Général de la Moselle

Design Team:

Serero Architects : Marie Corbin, Jonas Fernandez, Louisa Gouesnard, Julien Kemler, Yoichi Ozawa, Noriko Harada, David Serero, Fabrice Zaini. COTEBA Ingéniérie, ON Conception Lumière, INOOK, Labeyrie et Associés, Bougon Economiste.

Prix:

5 500 000 € H.T.

Surface:

3800m²

« … Ca tombe comme à Gravelotte

Nous avons été particulièrement touchés par la violence  des descriptions faites par les soldats de ce qu’a été le 18 Août 1870 à Gravelotte. L’intensité des tirs qui ont eu lieu ce jour là entre troupes prussiennes et françaises marque une nouvelle ère dans les conflits armés, et l’émergence d’une industrie colossale, celle de l’armement. Si les marques de ces bombardements ont disparus aujourd’hui dans les champs alentours ensevelis par le temps, la violence de ce genre de combat est souvent encore mieux perceptible par l’impact qu’elles ont eu sur les  murs de nos villes, sur nos monuments, par les éclats de pierre et les perforations hasardeuses de leur surface, et qui immédiatement nous replonge dans cet effroi, si nous imaginons l’impact que cet obus aurait eu su notre propre corps. Les bâtiments en ruine sont fascinants en soi. Cet état crée une ambiguïté forte entre intérieur et extérieur, entre solidité et fragilité, entre passé et présent ; que ce soit, les ruines de la villa d’Hadrien, ou l’amoncellement de ruines de  Varsovie après la seconde guerre, ou celle des bâtiments éventrés de Sarajevo de la guerre serbo-croate. La destruction d’un bâtiment au delà de son horreur sociale, nous plonge toujours  dans un questionnement sur l’incertitude de la vie et la fragilité de notre condition. Notre proposition pour le nouveau musée de Gravelotte met en scène ce questionnement sur la violence des combats, en s’appropriant les traces de la guerre pour les transformer en concept architectural. Dans l’espace du hall sur double hauteur qui organise l’ensemble du musée, nous avons conçu un dispositif architectural composé d’une part de perforations allongées dans les murs et la toiture du musée pour laisser pénétrer  la lumière naturelle et d’autre part  sur un « effondrement » de la toiture dans le hall. La lumière naturelle joue ici un rôle déterminant  dans la conception et la perception des espaces du musée. Elle est canalisée par un système de centaines de perforations de tailles et de formes différentes. Tels des « cannons » de lumière, elles bombardent l’espace du hall d’une pluie de rayons de soleil dont l’intensité et la direction varient en fonction des heures de la journée. Nous avons aussi imaginé que une de ces perforations  à  chaque 18 août, génère un alignement entre rayon solaire et des traces au sol.    Insertion urbaine Notre projet pour le nouveau musée de Gravelotte s’implante dans la continuité des gabarits des maisons et corps de fermes qui en constitue sont environnement immédiat. C’est un bâtiment horizontal dans le site, qui respecte les contraintes de hauteur sur voie du PLU. Le bâtiment, à l’image du cimetière militaire en face, est caractérisé par une présence sobre, une volumétrie composée de lignes droites, et cette couleur jaune d’or qui caractérise les murs en pierre de Jaumont et les mémoriaux de la guerre de 1870 que l’on découvre dans les champs alentours. Le bâtiment occupe l’ensemble de la profondeur de la parcelle, mais il  est en retrait à l’Ouest et à l’Est des limites de la parcelle de manière à ménager des bandes de circulations de part et d’autre du bâtiment : A l’ouest une circulation pour véhicule qui détache le musée de la maison existante à coté du site, et à l’Est une circulation piétonne en pente  qui permet de donner accès à l’arrière du bâtiment sur un terrain où sont visibles les champs de bataille de Gravelotte. Le musée s’ouvre au niveau du hall d’accueil par une large baie vitrée sur une esplanade en pierre jusqu’au cimetière en face. Ce parvis est surélevé obligeant les voitures à ralentir à proximité du  site. La géométrie du bâtiment, un carré avec deux pans coupés, permet d’aligner les façades du musée  avec les deux vues principales du site : La vue sur la halle du souvenir et la vue sur les champs de bataille de Gravelotte.

Un bâtiment de grande performance environnementale

Le nouveau musée de Gravelotte est un bâtiment de bonne performance énergétique et environnementale : – Mis à profit des arbres de la rue pour offrir une protection solaire naturelle en été et une augmentation des apports solaires en hiver (feuillage caduques) – Compacité du bâtiment (Le carré est la forme qui offre un ratio entre volume et surface de façade qui est le plus petit possible) avec une forte inertie liée à la dalle de sol du bâtiment. – Nous avons cherché à réduire et optimiser la position des surfaces vitrées en façade pour limiter les déperditions thermiques et augmenter les apports solaires en hiver. – En fin de journée, des lampes installées dans les puits de lumière et contrôlées par des cellules photosensibles compensent progressivement le manque de lumière naturelle. –  La partie sud de cette toiture  offre une surface importante avec une exposition solaire continue que le bâtiment met à profit. Cette zone intègre une surface de 20 m2 de panneaux solaires permettant de fournir l’eau chaude sanitaire pour l’équivalent 300 jours par an.  Ces panneaux seront de type « toiture AS », des panneaux gaufrés en acier inox anthracite de grande performance et d’entretien facile. De plus, 150m2 de  panneaux photovoltaïques permettent de compenser une partie de l’énergie électrique consommée par le bâtiment de manière renouvelable…. »